Nous étions indésirables

Suzanne Leo-Pollak
nous étions indésirables, en France
une enquête familiale
Relié: 264 pages
Editeur: les éditions traces & empreintes
Édition: collection rappel (8 décembre 2009)
Langue: Français
ISBN-10: 2918308013
ISBN-13: 978-2918308010

Achetez chez amazon.fr

Extrait: «J’avais quatorze ans lorsque j’appris que nous étions juifs et que « pendant la guerre des Juifs avaient été persécutés et tués – uniquement parce qu’ils étaient juifs,» avait ajouté mon père d’une voix blanche lors d’une promenade en montagne. En décembre 1945, âgée de trois ans, j’étais arrivée de France en Autriche, la patrie de mon père, et j’y avais connu onze années d’une vie en apparence normale et insouciante, brutalement ré- duites à néant par ces quelques mots. Toutes les énigmes, les cachotteries, les non-dits, les ordres et les interdictions inexpliqués, les crises de panique de nos parents, se cristallisèrent dans mon esprit d’adolescente en une vérité jusqu’alors inconcevable.»

Dans son oeuvre, Susanne Pollak réunit les destinées d’une famille à travers plusieurs générations. Il s’agit d’une part de la famille de son père, qui, issue d’une petite communauté juive installée près de la frontière austro-tchèque, s’installa à Graz puis plus tard à Vienne, et prospéra dans le petit commerce. D’autre part de la famille de sa mère, des grands bourgeois berlinois, banquiers et avocats. Les destinées de ces deux familles se croisent à la suite de la prise du pouvoir par les Nazis en Allemagne et en Autriche, lorsque toutes deux, pour des raisons tant racistes que politiques, se voient contraintes à l’exil, et se rencontrent en France, où elles deviennent des victimes de la politique collaborationniste du gouvernement de Vichy

Presque cinquante ans plus tard, Susanne Pollak retisse les fils de cette histoire familiale. Au cours des rencontres qui ont lieu au sein de la famille, les évènements s’enchaînent avec évidence, depuis les souvenirs d’enfance lors du retour à Vienne, ville détruite par la guerre, les choses vécues par les parents, grands parents, oncles et tantes lors de leur fuite, lors de leur internement dans les camps français et pendant leur passage dans la Résistance, jusqu’à cette conscience de vivre enfin pleinement qui animait sa famille dans les années cinquante, et jusqu’aux sentiments de l’auteur à l’âge de l’adolescence et à certaines révélations qui produisirent sur elle une impression particulièrement forte. Les questions de son appartenance – politique, culturelle et religieuse – surgissent alors, sans qu’il puisse pour autant y être répondu de manière définitive.